Les Nouvelles de St-Martin/St-Barthélemy Tourisme 2008
     

ST.MARTIN & ST.MAARTEN 2008




La Gingerbread Galery




La Gingerbread Galery in St.Martin



Simone est entrée dans le monde de l'art pictural par la porte de la lithographie. « Je voyageais énormément, nous raconte-t-elle. Plusieurs éditeurs m'ont donc confié leurs lithographies pour les exposer et les vendre un peu partout » Chemin faisant, elle se retrouve aux Antilles. Pour vendre ses lithos, elle organise des réunions « tupper ware », mais elie ne trouve pas beaucoup d'acheteurs. Un ami lui conseille alors de se rendre en Haïti, où ses produits sont susceptibles d'intéresser la grande bourgeoisie. Arrivée sur place, Simone tombe sous le charme des ouvres de certains artistes locaux.

Elle décide alors de troquer ses lithos contre des peintures... « J'en avais marre des lithographies, nous confie-t-eHe. Je ne vendais pas de l'art, je vendais des signatures de grands noms. Et puis, le climat humide des Antilles était impropre à la conservation du papier. J'ai donc choisi de nroccuper des peintres haïtiens. » Elle organise sa première exposition à Tahiti en décembre 1976, avant de parcourir le monde avec ses toiles : Los Angeles, Nouméa, Paris, Monaco, Omaha, etc. À l'époque, les galeries lui confiaient des peintures et récupéraient les invendues. Elle organise ensuite une série d'expositions en Guadeloupe, Martinique et Guyane : le succès est immédiat « Finalement il était inutile que faille si loin, plaisantait Simone. C'est à deux heures d'avion d'Haïti que je vendais le plus de toiles !» En 1984, elle pose ses valises à Saint-Martin, où elle souhaite ouvrir sa galerie. Des amis arrivent à la convaincre d'acheter au lieu de louer et lui prêtent vies fonds nécessaires.

Elle débute ses activités dans un espace très restreint, mais avec les années, et malgré les différends qui l'opposent à ses voisins de palier, elle rachète une arrière-boutique, puis un autre local faisant la jonction. Aujourd'hui, la Gingerbread Galerie dispose d'un magnifique espace où Simone peut exposer à la fois les peintures et les meubles d'artisanat haïtien. « Beaucoup de novices pensent que Part haïtien se cantonne aux toiles colorées que l'on trouve sur le marché, expliquet-elle. Mais c'est faux ! il existe différents mouvements, plusieurs écoles, et des dizaines de styles. Et tous les curieux refusant les préjugés qui entrent ici s'en rendent compte...»

En véritable spécialiste et en passionnée décapante, Simone nous explique les peintres, tes écoles et les mouvements. Les plus grands sont tous chez elle, et les amateurs avertis qui viennent lui rendre visite sont souvent époustouflés par la richesse des oeuvres qu'elle expose. Elle connaît l'histoire de tous les peintres, comment ils vécurent, comment ils moururent. C'est un Américain, Dewitt Peters, qui découvre cet art sur la porte d'un bar : son propriétaire, Hippolyte, en est le décorateur. Il deviendra par la suite une des grandes figures picturales du pays, au même titre que Castera Bazile, Rigaud Benoît, Phïlomé Obin, Préfète Duffaut, Gabriel Levêque, Adam Leontus, Jasmin Joseph, et bien d'autres. Sartre ou encore Malraux se sont laissés émouvoir par cet art totalement décalé.

Aujourd'hui, on distingue plusieurs mouvements. Les Naïfs n'ont jamais fait d'école. Se moquant des perspectives et des règles techniques, ils peignent avec leur cour et leur imagination, comme quand ils multiplient la représentation d'animaux sauvages qu'ils n'ont vus que dans des livres. Les primitifs sont les plus prisés par les collectionneurs. Authentiques, décalées, déconcertantes parfois, certaines de ces ouvres puisent leur substance dans les rites vaudou. Les modernes plaisent à la grande bourgeoisie pour leurs appointements avec la peinture européenne. Côté écoles., on peut citer celle du Nord (le Cap Haïtien) avec à sa tête PhScraObin, l'école du Sud (port de Jacmel) dont Préfète Duffaut était le chef de file, ou encore Pécote de l'Artibonite dirigée par Ismaêl Saindlius.

Aucun genre ne ressemble à un autre et chaque école se distingue par un savoir-faire et un doigté qui lui est propre. Lait haïtien a commencé à faire des émules à la fin des années 1940, mais elle a toujours été boudée par le grand public. Il en existe pourtant pour tous les goûts et tous les budgets. Si la curiosité vous pousse, la Gingerbread Galery est ouverte tous les matins en semaine et sur rendez-vous au 0590 87 73 21.

Article: St.Martins Week

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