Les Nouvelles de St-Martin/St-Barthélemy Tourisme 2008
     

ST.MARTIN & ST.MAARTEN 2008




Youmay Dormoy un créateur au service des autres




Youmay Dormoy un créateur au service des autres



Musicien, peintre, amoureux de Saint-Martin et de la vie, cet homme de 46 ans est également engagé dans la vie culturelle de nie. Youmay expose ses dernières ouvres dans le hall de la mairie, dans le cadre de l'opération " Le coin des artistes ". Rencontre avec un artiste talentueux, modeste et spirituel.

N é à Aruba, Youmay est saint-martinois depuis des générations. Ses parents ont quitté Saint-Martin pour se rendre à Aruba dans les années 20, compte tenu du contexte économique difficile dans lequel se trouvait la Friendly Island

. Beaucoup de Saint-Martinois du Sud de l'île sont partis vivre à Aruba ou Curaçao à cette même époque et pour les mêmes raisons. Il a grandi à Aruba, y suivit toute sa scolarité, avant de revenir à Saint-Martin en 1978, car il voulait connaître ses grands-parents qui y étaient restés. Lors de sa première venue, âgé alors de 20 ans, il est immédiatement tombé amoureux de l'île, avant de se dire " c'est ici que je dois vivre ". Il s'est ensuite marié en 1984, de retour d'un voyage en Hollande, et son ex-femme mit au monde une petite fille prénommée Danitza. Il fut d'abord cuisinier, puis musicien, trompettiste, chanteur, et intègre en 1998 le département de la Culture, dans le gouvernement de Sint-Maarten. Il y a 3 ans, il est nommé directeur du Centre Culturel à Back Street, et fonde le "Soualiga Jump Up Band", qui existe toujours et qui compte une trentaine de membres. Il crée également le Café Axum, à Philipsburg, qui accueille de nombreux concerts.

SMW : Quand et comment avez-vous commencé la musique ?
Youmay Dormoy : A l'âge de 9 ans, je jouais de la trompette, ce fut mon premier instrument. Je suis devenu professionnel vers l'âge de 16 ans, j'ai joué dans un premier groupe qui s'appelait " Sensation de Caribe " à Aruba. Puis je suis parti jouer à Curaçao et notre groupe marchait bien. J'ai quitté mon job pour me consacrer à ce groupe, et ce fut une expérience unique, peut-être parce que la première. Puis lorsque je suis arrivé à Saint-Martin, alors que je ne trouvais pas d'emploi, j'ai intégré un groupe, les " Créole Stars ". J'ai quitté assez rapidement ce groupe, avant de travailler pour le Casino Concorde, à Maho, rebaptisé Casino Royale.

Dans le même temps, j'ai rencontré d'autres personnes qui avaient fondé le groupe " Slujje ". En 1989, j'ai créé le groupe " Vision ", dans lequel je j'étais toujours trompettiste, et chanteur. En 1993, j'ai enregistré mon premier album solo, avant de quitter le groupe " Vision ". En 1994, je fonde le groupe " Colors ", et l'on jouait beaucoup de Blues. Au jour d'aujourd'hui, j'ai arrêté la musique, mais je continue à suivre le groupe Soualiga Jump Up Band. Toutefois, j'envisage de créer sous peu un autre groupe, qui jouerait de blues, le style ancien.

SMW : Comment s'est passée votre rencontre avec Ruby Bute ? YD : Je l'ai rencontrée en 1990, j'avais 32 ans, et à l'époque je l'aidais dans ces vernissages et dans son travail. Elle avait 47 ans, mais notre différence n'a jamais vraiment été un problème, elle est restée jeune dans sa tête. Aujourd'hui, j'ai 45 ans, elle en a 66; dans notre couple, j'apporte l'énergie et elle la sagesse. Lorsque nous mettons ces deux forces ensemble, le cocktail est explosif, et nous faisons beaucoup de choses en harmonie. J'aime aller de l'avant, prendre des décisions, et Ruby assagi mes élans, oriente mes choix.

Notre couple a suscité de nombreux commentaires et des critiques négatives, mais je ne vis pas pour les autres, sinon tu n'es jamais toi même. Cela me rappelle lorsque j'ai décoloré les cheveux en blond. J'ai subi beaucoup de critiques acerbes, les gens me disaient que j'avais subi l'influence américaine, et que j'avais ramené ce style de làbas; alors que je n'y suis jamais allé. Je me suis décoloré les cheveux la première fois, lorsque je jouais avec le groupe "Vision", et nous avions effectué une prestation à Maho, mais la publicité ne visait qu'une autre artiste qui jouait pendant la même soirée.

Alors, j'ai voulu choqué les gens, faire en sorte qu'ils nous voient. Et cela a marché ! J'étais catholique, au départ, j'allais à l'église car mes parents me disaient d'y aller. Mais en grandissant, j'ai choisi, et Ruby m'a initié au Bouddhisme. J'ai trouvé dans cette philosophie des réponses à des questions existentielles, que le catholicisme n'apporte pas. Ma vie a changé lorsque j'ai découvert le Bouddhisme, et je remercie Ruby de m'avoir initié à cette pensée spirituelle. La constance de notre relation a fait notre force. SMW: Et la peinture? YD : J'ai commencé à peindre vers l'âge de 25 ans. Ruby m'a d'abord appris les bases, mais en créant mon propre style. Aujourd'hui, je pense que les gens apprécient mon style; lors du dernier vernissage au "Coin des artistes", j'ai vendu 11 toiles. J'ai encore du mal à y croire, mais je trouve cela très encourageant pour la suite.

Je remercie à ce titre, tous ceux qui ont organisé ce vernissage, la société SDL, Nicole Piper et tous les autres. Je m'étais dit que cette exposition serait la dernière, mais ma peinture plaît et Ruby voudrait que je continue. Je vais probablement poursuivre sur cette vague, c'est toujours positif de partager. Je veux également me consacrer à la culture: j'estime que les jeunes ont besoin de repères, ils perdent leurs structures, familiale et sociale, n'ont plus de respect pour les adultes, l'autorité. Beaucoup de personnes viennent à Saint-Martin pour évoluer, avoir une meilleure qualité de vie; mais, elles doivent également se demander ce qu'elles vont apporter à la société saint-martinoise, en respectant la culture et les valeurs locales. Le problème aujourd'hui, c'est la qualité des individus qui arrivent à Saint-Martin, et l'on remarque que trop souvent, les raisons de ces venues sont mauvaises.

Ils veulent profiter de certains avantages, voler, agresser, et cela nuie à l'image de l'île mais aussi à l'image de leur pays d'origine. Alors qu'il y a tant à apprendre des autres. Nous devons absolument contrôler l'immigration, et vivre avec les personnes qui veulent vraiment évoluer et faire évoluer Saint-Martin. Notre force est notre société multiculturelle, cela ne doit pas devenir notre faiblesse.

» Ruby Bute
» Axum Jazz Café